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L’icône du Christ Pantocrator : le Tout-Puissant, le Seigneur de l’Univers, le Roi du Monde…, est l’un des témoignages les plus anciens de la vérité et l’historicité de l’Incarnation contre les hérésies des premiers siècles : l’arianisme qui niait la nature divine du Christ, et le monophysisme la nature humaine.
Les premières représentations du Pantocrator apparaissent après le concile de Nicée (325), les Pères déclarant que par le Verbe incarné, image parfaite du Père, nous contemplons la gloire divine. Dans une composition s’inscrivant à l’intérieur d’un triangle, symbole trinitaire, le Christ est représenté de face, en buste, vêtu d’une tunique pourpre, appelée “chiton”, dont la couleur, à Byzance, était le signe de la royauté et qui symbolise ici sa divinité. |
Les premières représentations du Pantocrator apparaissent après le concile de Nicée (325), les Pères déclarant que par le Verbe incarné, image parfaite du Père, nous contemplons la gloire divine. Dans une composition s’inscrivant à l’intérieur d’un triangle, symbole trinitaire, le Christ est représenté de face, en buste, vêtu d’une tunique pourpre, appelée “chiton”, dont la couleur, à Byzance, était le signe de la royauté et qui symbolise ici sa divinité. “Il est l’Image du Dieu invisible, Premier-né de toute créature… Il est avant toutes choses et tout subsiste en Lui.” (Col 1,15-17). De Lui dépend tout ce qui existe : le monde céleste et le monde terrestre, “par Lui tout fut et sans Lui rien ne fut” (Jn 1,3) ; et le titre de “Pantocrator” s’origine dans cette notion de création.
Sa tunique est recouverte d’un manteau, “l’himation” symbole de l’humanité qu’il a prise, et qui recouvre la gloire de sa divinité. Sur l’épaule droite, il porte le clave, bande de tissu ainsi nommée car posée sur la clavicule. Signe honorifique sous l’empire romain qui signifiait “être au service de l’empereur”. Le clave indique que le Christ a pris la “forme de serviteur ” et que “tout fils de Dieu qu’il était, il ne retint pas la gloire qui l’égalait au Père, mais il prit la forme d’esclave” (Ph 2,6). Symbole de son abaissement ou “kénose” en terme théologique.
“Forme de Dieu” et “forme d’esclave”, glorieuse ressemblance et dissemblance kénotique de “l’homme de douleur ” (Is 53,3), l’icône nous montre que le Christ, durant sa vie terrestre a uni les deux aspects. Le premier dissimulé par le second aux yeux du corps. Même ses disciples, parmi les plus proches, ne virent qu’une seule fois, avant sa Passion, leur Maître dans la gloire de son humanité déifiée, sur le mont Thabor.
Ainsi l’icône nous révèle l’amour fou du “Dieu fait homme pour que l’homme devienne dieu” (saint Irénée) ; son infinie miséricorde : se faisant homme, pour vivre et mourir comme tous les hommes, et par sa victoire sur la mort, les reconduire au Père, avec toute la création, et les faire participer à sa vie divine.
Cet amour fou est inscrit dans son nimbe crucifère, symbole de sa passion et de sa résurrection. Le nimbe est l’auréole qui entoure son visage, le mot vient de nimbus, nuée la nuée dans l’Ancien Testament est le lieu de la présence divine il est marqué des lettres grecques O w N, abréviation du nom divin révélé à Moïse lors de l’épisode du buisson ardent : “Je suis celui qui suis” (Ex 3,14).
De part et d’autre du nimbe on peut lire les lettres IXXC abréviations de Iesus Christos, inscrites en grec, sur toutes les icônes, même les russes. L’inscription du Nom sur l’icône est très importante car pour le monde biblique Dieu est présent dans son Nom. Sa puissance et sa bénédiction sont présentes et actives dans son Nom. Et c’est par l’inscription du Nom que l’image reçoit toute sa dimension spirituelle, qu’elle est liée à son archétype (celui qui est représenté) et permet une communion spirituelle avec lui.
La main droite du Christ est levée en geste de bénédiction. Et une main qui bénit (du latin benedicere “dire bien”) est une main qui parle. Ses deux doigts disent ses deux natures : divine et humaine ; les trois autres qui se joignent : la Trinité.
L’expression grave du Pantocrator est aussi pleine de douceur et de majesté divine, majesté qu’il a conservée jusqu’au plus bas de son abaissement. Son nez est long et fin, sa bouche petite et close, ses yeux sont grand ouverts sur l’infini. Son regard n’est pas celui d’un juge, qui condamne ou qui tient des comptes, c’est un regard d’amour, de compassion et de miséricorde. C’est le visage du Sauveur, de l’Ami des hommes. Sa Toute-Puissance est celle de la patience et du pardon.
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L’icône du Christ en Majesté entouré par les Puissances (2), ou Roi de Gloire, intègre la figure du Pantocrator dans une perspective cosmique et présente le Christ comme le “Seigneur du cosmos et de l’histoire”.
Elle figure au centre de l’iconostase dans les églises orthodoxes. Sa composition se rapporte à la vision d’Isaïe où le Seigneur est assis sur un trône entouré de Séraphins (Is 6, 1-4), à celle d’Ezéchiel qui le décrit entouré de quatre êtres vivants (Ez 1,4-2 8 ) , e t à c e l l e d e J e a n d a n s l’Apocalypse où il est enveloppé d’un arc-en-ciel de lumière (Ap 4, 2-9). |
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Langage universel qui transcende le temps, et que l’on peut lire, aujourd’hui comme hier, sur les porches sculptés de nos cathédrales (3) et les murs nouvellement fresqués de nos églises (4).
Assis sur un trône, le Christ est entouré d’une mandorle ovale de couleur bleu-vert, symbole du ciel et de l’éternité, d’où surgissent le visage et les ailes des Séraphins, dessinés de lumière, formant une couronne frémissante et immobile, et représentant le monde angélique qui entoure le trône de Dieu. Dans les angles du rectangle rouge, tracé au-delà de la mandorle, aux côtés légèrement courbés, figurent les symboles des quatre évangélistes qui ont proclamé la Bonne Nouvelle aux quatre extrémités de la terre. Un homme pour Matthieu, un lion pour Marc, un aigle pour Jean et un taureau pour Luc (Ap 4,6-8). Splendide et hiératique, dispensateur de vie, le Christ offre aux hommes la Parole de Dieu. Il est cette Parole : “Verbe fait chair ” (Jn 1,14), Evangile de Dieu. |
Martine Desèvre, élève de l’Atelier Saint Jean Damascène [Eglise en Pays d'Hérault N° 160] |